Addiction à l’alcool : les signes, la comprendre et les solutions
Addiction à l’alcool, alcoolodépendance, dépendance à l’alcool : ces termes font souvent peur et sont entourés de nombreux tabous.
On imagine souvent l’addiction à l’alcool comme quelque chose d’extrême : une personne qui boit dès le matin, qui a tout perdu, qui ne contrôle plus rien. En réalité, l’alcoolodépendance est souvent bien plus discrète, progressive et silencieuse.
Elle peut toucher des personnes « fonctionnelles », intégrées socialement, avec un travail, une famille, des amis. Des personnes qui, parfois, ne se reconnaissent même pas dans le mot addiction.
Parler de l’addiction à l’alcool, c’est avant tout parler de souffrance humaine, de mécanismes invisibles et de tentatives maladroites mais compréhensibles pour aller mieux.
En tant qu’hypnothérapeute à La Roche-sur-Yon, je reçois très souvent des personnes qui veulent se libérer de leur relation à l’alcool. L’hypnose se révèle être d’une aide très précieuse pour se libérer de l’emprise de l’alcool. Cependant, l’hypnose ne fait pas tout non-plus…
Dans cet article, nous allons explorer ensemble comment devient-on dépendant à l’alcool, les effets sur le cerveau, les émotions qui poussent à consommer de l’alcool, la pression sociale, les signes d’alerte, etc. Je vous souhaite une très belle lecture !

Addiction à l’alcool : quand la consommation passe du plaisir à la dépendance
Boire un verre pour se détendre, fêter un événement ou partager un moment social est largement normalisé. Le problème commence lorsque l’alcool devient un outil indispensable : pour dormir, pour se calmer, pour oublier, pour oser être soi.
L’addiction ne se définit pas par la quantité d’alcool consommée, mais par la « relation » que l’on entretient avec lui. Quand l’alcool devient une réponse automatique aux émotions, aux tensions ou au vide intérieur, un glissement s’opère.
Ce glissement est souvent lent. Tellement lent qu’on ne le voit pas venir.
Addiction à l’alcool : pourquoi devient-on dépendant ?
Il n’y a pas de profil type. L’addiction à l’alcool naît rarement par hasard, mais elle n’est jamais le résultat d’un simple manque de volonté.
Dans le milieu associatif (culturel, sportif, etc.)
Les réunions sont régulières (hebdomadaires ou bi-mensuelle) et deviennent ritualisées. Que ce soit après une réunion ou un match, le passage au bar ou à la buvette devient presque obligatoire. Cela délie les langues et permet d’entrer plus facilement en relation avec l’autre, un verre à la main. Une consommation régulière peut s’installer ainsi à notre insu. Personnellement, même si je ne buvais qu’un verre (pour ma santé et aussi par peur de l’accident en rentrant chez moi ou de la suspension de mon permis de conduire), deux fois par mois j’y avais accès. Sans parler des invitations chez les uns ou les autres entre deux réunions. Chaque semaine, j’avais donc accès à l’alcool et peu à peu cela m’a familiarisé avec certains très bons whisky. De manière insidieuse, je ne me rendais pas compte que mon rapport à l’alcool se banalisait. Pourtant j’ai toujours été très alerte sur les dangers d’une consommation trop fréquente. Depuis cette prise de conscience, j’ai remarqué que mon rapport avec l’alcool avait complètement changé. Aujourd’hui ma consommation est redevenue exceptionnelle.
Au travail
il arrive que certaines fin de journée ou fin de semaine, soient l’occasion de célébrer la signature d’un contrat, l’arrivée d’un collaborateur ou son départ, etc. Dans certaines catégories professionnelles très sollicitantes physiquement, chaque fin de journée peut faire l’objet d’un « apéro » avant de rentrer chez soi. L’alcool aidant à se détendre après une journée sollicitante physiquement et/ou émotionnellement. Aussi pour les commerciaux, le fait d’avoir des déjeuners d’affaire réguliers sont l’occasion de célébrer la signature d’un contrat.
Dans le milieu sportif professionnel ou semi-professionnel
l’exigence liée à la performance est telle que par moment, les athlètes « se lâchent » pour évacuer la pression. Ainsi l’alcool devient synonyme de libération et de bien-être. Le cerveau l’intègre comme tel…

Dans la vie de couple
Boire un verre de vin ensemble chaque soir après le travail peut-être un moyen de se retrouver. Parfois, c’est le conjoint qui se réfugie régulièrement derrière son ou ses verres de vin pour fuir le quotidien devant son écran…

Chez les jeunes
La façon de consommer de l’alcool est un moyen « d’oser être » et donne la sensation d’être cool. Le « binge drinking » (se saouler le plus rapidement possible) est un fléau pour leur santé et leur avenir. Cette consommation d’alcool chez les jeunes se fait souvent le week-end durant l’année scolaire mais durant les vacances scolaires elle peut-être plus fréquente. Ainsi les lobbies des spiritueux s’assurent une fidélisation de masse associée à une récurrence de chiffre d’affaires.

Dans le milieu familial
La relation à l’alcool peut se transmettre de génération en génération. Selon l’histoire familiale une culture liée à l’alcool peut préparer de futures générations d’alcoolique.

Quand on trinque trop souvent, c’est notre vie qui déguste…
Ce que je remarque, au sein de notre société, de manière générale, c’est que tout devient prétexte à consommer de l’alcool (fête familiale, signature de contrat, réussite d’un examen, besoin de détente, évènement sportif, sortie au restaurant, sortie en week-end, bonne nouvelle quelconque, etc.) Ainsi, sans nous en rendre compte, nous consommons régulièrement de l’alcool et c’est à ce moment-là qu’il faut agir ! Quand l’addiction se présente, cela cache un mal-être plus profond :
Addiction à l’alcool et cerveau : le rôle du circuit de la récompense
L’alcool agit sur le circuit de la récompense en procurant une sensation immédiate d’apaisement ou de plaisir. Avec le temps, le cerveau apprend que l’alcool est une solution rapide, et il finit par la réclamer.
Plus on consomme, plus le cerveau s’adapte… et plus il devient difficile de ressentir du bien-être sans alcool. C’est ainsi qu’une longue descente dans l’engrenage de l’addiction s’opère ! Au départ on consomme pour obtenir une détente, un mieux-être et ensuite on consomme pour redevenir normal…
Addiction à l’alcool et émotions : stress, anxiété et mal-être
Beaucoup de personnes utilisent l’alcool pour faire taire :
- l’anxiété
- la solitude
- le stress chronique
- des blessures émotionnelles anciennes
L’alcool ne crée pas le mal-être, mais il donne l’illusion de le soulager. Et c’est précisément ce qui rend la dépendance si insidieuse.

Addiction à l’alcool et société : normalisation et pression sociale
Dans une société où l’alcool est partout (repas, fêtes, détente, travail), il est facile de banaliser une consommation problématique. Dire « non » peut devenir plus difficile que dire « oui ». Dans le passé, quand j’étais salarié, j’étais jugé trop rigide par mes collègues car je ne participais jamais aux apéros du vendredi soir pour fêter la fin de la semaine et cela m’excluait du groupe.
Addiction à l’alcool : les signes qui doivent alerter
On n’a pas besoin d’être « au fond du gouffre » pour se poser des questions. Certains signaux méritent attention :
- boire pour gérer ses émotions plutôt que par envie
- attendre avec impatience le prochain verre
- se promettre de réduire… et ne pas y arriver
- ressentir de la honte ou de la culpabilité après avoir bu
- minimiser sa consommation face aux autres
- se sentir irritable, vide ou anxieux sans alcool
- Se poser ces questions n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un acte de lucidité.
- Addiction à l’alcool : conséquences sur la santé, le mental et la vie sociale
On parle souvent des dégâts physiques de l’alcool, mais les impacts émotionnels et relationnels sont tout aussi importants. L’alcool peut peu à peu :
- isoler des autres
- abîmer l’estime de soi
- accentuer l’anxiété ou la dépression
- créer un sentiment de décalage ou de double vie
Beaucoup de personnes dépendantes décrivent une fatigue morale profonde, bien avant les problèmes médicaux.
Addiction à l’alcool : solutions et pistes pour s’en sortir
Se libérer de l’addiction à l’alcool n’est pas une question de force mentale. C’est un processus, souvent non linéaire, fait de prises de conscience, de rechutes parfois, et de reconstruction.
Demander de l’aide (médicale, psychologique, ou via des groupes de soutien) augmente considérablement les chances de s’en sortir. Non pas parce que la personne est « incapable seule », mais parce que personne ne devrait porter ça sans soutien.
Arrêter ou réduire l’alcool, c’est aussi apprendre à :
- ressentir sans anesthésie
- poser des limites
- prendre soin de soi autrement
- reconstruire une relation plus saine avec ses émotions

Addiction à l’alcool : que faire quand on est concerné ou proche ?
Que l’on se reconnaisse soi-même dans ces lignes ou que l’on pense à un proche, une chose est essentielle : l’addiction n’est pas une honte. C’est une tentative de survie qui a mal tourné…
En parler, s’informer, demander de l’aide (pour soi ou pour l’autre) est souvent le premier vrai pas vers le changement.

L’hypnose, une réponse concrète et efficace
La méthode d’hypnose que je pratique est une approche douce et puissante pour se libérer de l’addiction à l’alcool. Généralement, dans 7 à 8 cas sur 10, les effets sont immédiats. C’est la raison pour laquelle je ne pars jamais sur un protocole de plusieurs séances d’avance.
Néanmoins, l’hypnose ne fait pas tout ! Son but est de déprogrammer la sensation de manque, la nervosité et les mauvaises habitudes en lien avec l’alcool. Ce n’est pas l’hypnose qui vous fait arrêter de consommer de l’alcool, c’est vous ! L’hypnose vient apaiser en vous les aspects physiques et psychologiques pour faire en sorte que l’arrêt soit facile.
Il est donc primordial que vous soyez réellement impliqué(e) dans votre projet de libération à l’alcool. C’est en cela que vous et moi pourrons faire équipe ensemble. Bien entendu, l’hypnose à ses limites. Arrivé à un stade trop avancé de dépendance, je vous recommande vivement un accompagnement médicalisé sur la durée !
Addiction à l’alcool : questions fréquentes (FAQ)
À partir de quand parle-t-on d’addiction à l’alcool ?
On parle d’addiction lorsque la consommation d’alcool devient difficile à contrôler et qu’elle entraîne des conséquences négatives, même si la personne continue de travailler et de « fonctionner » normalement.
Peut-on être dépendant à l’alcool sans boire tous les jours ?
Oui. L’addiction à l’alcool ne dépend pas uniquement de la fréquence, mais du rapport psychologique à l’alcool : besoin, perte de contrôle, usage émotionnel.
Faut-il arrêter totalement l’alcool pour s’en sortir ?
Certaines personnes choisissent l’abstinence totale, d’autres une réduction encadrée. Le plus important est d’être accompagné par un professionnel de santé. Dans un contexte d’alcoolisme profond, un arrêt brutal de l’alcool peut-être mortel. Consultez votre médecin ! Dans le cadre d’une séance d’hypnose, si votre consommation n’est pas pathologique (trop élevée et donc profonde ), je recommande l’abstinence complète pour en augmenter l’efficacité.
Pour conclure
L’addiction à l’alcool n’est ni un échec personnel ni une fatalité. C’est une réalité complexe, humaine, et réversible. Si cet article a fait naître une question, un doute ou une prise de conscience, alors il a déjà rempli un rôle important : ouvrir un espace de réflexion, sans jugement. Et parfois, c’est là que tout commence…